Etude des loisirs et le tourisme dans le Plan directeur cantonal 2050

cevAde a livré un cadre de références à l'Etat de Vaud pour orienter les loisirs et le tourisme dans le Plan directeur cantonal 2050. Les objectifs priorisent la durabilité face au réchauffement climatique et visent un développement intégré et de qualité.

Un mixte méthodologique a fondé l’étude. 

Une large collecte d’informations et des entretiens ont été menés auprès des services cantonaux, des associations de développement régional et des offices du tourisme. La revue de la documentation spécialisée et des données a consolidé ces apports.

Elle conduit en des propositions concrètes composées d’outils d’analyse et de grilles d’évaluation, des objectifs prioritaires et des recommandations. 

QUELS SONT LES ENJEUX ?

1. La diversification rapide des pratiques de loisirs couplée à une fréquentation régulière accentuent la pression sur les espaces naturels : du pic estival aux autres saisons.  

Les séjours au motif de loisirs sont plus courts et plus fréquents avec 2,9 voyages par personne dès l’âge de 6 ans. Les loisirs de proximité et les excursions d’une journée loin de son domicile ont lieu majoritairement en Suisse, représentant 90% de ces déplacements de la population résidante en 2024. Les pratiques de loisirs se diversifient et occupent désormais les espaces hors les murs et hors balisage, rendant leur lecture plus diffuse. Ils exercent une pression croissante sur les espaces naturels, tandis que certaines régions de montagne demeurent dépendantes de ces activités génératrices de tourisme.

2. Les flux de mobilité de loisirs et touristiques sont aussi importants que les flux pendulaires. 

57% des déplacements au motif d’excursion – c’est-à-dire loin de son domicile et sans nuitée – ont lieu en voiture principalement. La mobilité constitue un enjeu central : les excursions d’un jour génèrent des flux du transport individuel motorisé qui accroissent la pression sur les régions réceptrices. Les solutions de mobilité qui contribuent au report modal sont essentielles. Elles résident dans les services et le partage des moyens de transports en complémentarité des transports publics.

3. Des tensions apparaissent entre les usages des loisirs et des activités endogènes. 

Ces limites à la cohabitation des pratiques nécessitent une coordination renforcée entre les politiques publiques, en particulier en matière d’environnement, d’agriculture, de mobilité et d’usage du sol. Des raquettes, à la randonnée pédestre, en passant par l’escalade ou le vélo tout terrain, ces pratiques s’aventurent dans les espaces agricoles ou de nature, induisant des conflits d’usage. L’attrait de certains site naturels génère des passages qui stressent la faune ou endommagent la flore. Les accès aux lacs nécessitent également un cadre coordonné entre l’aménagement, la mobilité et l’environnement.

Source de l'illustration : ARE (2024)

QUELLES SONT LES RECOMMANDATIONS ? 

1. Adéquation des outils d’aménagement

La complexité des procédures confirme la nécessité d’une harmonisation des outils de planification et d’un renforcement de la stratégie pour assurer une cohérence et une adaptabilité de l’aménagement territorial.

2. Gestion intégrée des loisirs dans le territoire 

Un système de gestion des zones intégrées permet un usage économe du sol, clarifie les rôles des acteurs et renforce la coordination locale : mutualisation, accessibilité, économies d’échelle.

3. Coordination transversale et lien avec les milieux privés 

Le développement croissant d’activités qui évoluent en marge des politiques culturelles, sportives et touristiques nécessite un point d’entrée local capable d’orienter, de mutualiser les expériences et de renforcer la transversalité, notamment pour les événements extérieurs et l’usage polyvalent des infrastructures.

4. Déploiement coordonné des pôles de services à la mobilité

Une stratégie de pôles de services à la mobilité permet d’articuler transports publics, mobilité partagée et accès aux sites d’activités, en structurant des hubs hiérarchisés qui améliorent l’intermodalité, canalisent les flux de loisirs et renforcent la lisibilité des parcours.

 

Et vous, comment intégrez-vous les loisirs dans votre stratégie, votre plan directeur, plan d’affectation ou autre outil localisé ? 
Nous échangeons volontiers avec vous.